Retour en images sur la conférence spéciale : « Faire de la recherche à l’impact : focus sur l’intelligence artificielle » animée par Samuel Fosso Wamba

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Le mardi 17 février 2026, le Colibri Research and Innovation Center a organisé une conférence inédite sur le thème : « Faire de la recherche à l’impact : focus sur l’intelligence artificielle », animée par Samuel Fosso Wamba, Professeur de systèmes d’information et de science des données et vice-doyen à la recherche à TBS Education, France / Président de 237 DIASPROF. Cette conférence s’est tenue en ligne sur Zoom et en présentiel au siège du CRIC situé dans la ville de Dschang, département de la Menoua, région de l’Ouest Cameroun. En présentiel, cette conférence a réuni un public constitué essentiellement des jeunes étudiants de Master 1 et Master 2, des jeunes doctorants et des chercheurs en début de carrière, issus de diverses disciplines scientifiques des sciences sociales et sciences exactes. La conférence a également suscité un engagement actif des participants en ligne apportant leur contribution sous forme de questions. La conférence a débuté par une allocution de bienvenue du directeur exécutif du CRIC, le docteur Boris Metsagho Mekontcho, au cours duquel, il a rappelé que Samuel Fosso Wamba est le premier chercheur à offrir une conférence au CRIC, sur une question essentielle de notre temps, l’intelligence artificielle (IA).  Cette conférence interactive a débuté à 14h30 et s’est achevée à 16 h 30.

Messages clés de la conférence : 
Plusieurs messages clés ressortent de cette conférence : 

1-La recherche à impact :  un cycle dynamique 

Le conférencier Samuel Fosso Wamba, Professeur de systèmes d’information et de science des données, a ouvert sa présentation par un petit exercice avec le public jeune à savoir ce qu’est que la recherche ? Il a souligné que la recherche est un cycle dynamique : « problème – processus -solution » et non une simple accumulation de savoirs. Pour qu’une recherche ait un véritable impact, elle doit sortir de l’isolement académique pour s’ancrer dans la collaboration avec les entreprises et les acteurs de terrain. L’impact naît de l’utilité sociale de la recherche.

2-L’intelligence artificielle : comprendre et à construire des entités intelligentes

Selon le conférencier, le domaine de l’intelligence artificielle (IA) vise à comprendre et à construire des entités intelligentes. Il définit l’intelligence artificielle (IA) comme « des machines ou des systèmes informatiques capables d’apprendre à effectuer des tâches qui requièrent normalement l’intelligence humaine » (Bawack et al., 2019). De manière générale, il existe deux formes d’IA : l’IA forte et l’IA faible : une IA forte fait référence à celle qui peut se comporter de manière égale ou qui dépasse l’intelligence humaine. Tandis que l’IA Faible est celle qui simule l’intelligence humaine dans les domaines spécifiques. Cette dernière est la forme d’IA la plus courante. C’est celle à laquelle font référence les discours les plus répandus sur l’IA. Chaque IA devrait avoir quatre capacités : la capacité de percevoir, la capacité de comprendre, la capacité d’agir et la capacité d’apprendre. Ces capacités sont rendues possibles par les technologies telles que les capteurs et les techniques d’IA y compris le traitement automatique du langage naturel, la vision par ordinateur, la reconnaissance d’image, l’apprentissage automatique et l’apprentissage profond.  

3-   Faire progresser la recherche sur les impacts sociétaux de l’IA 

L’évolution de l’IA a été fulgurante, passant de phases d’hibernation à une accélération sans précédent (les IA génératives). L’adoption de l’IA est la méthode de digitalisation la plus aboutie. Cette technologie correspond aux systèmes informatisés avancés qui imitent les fonctions cognitives du cerveau humain. L’intelligence artificielle (IA) pourrait bien être l’une des technologies les plus disruptives du XXIe siècle, capable de transformer tous les aspects de la société. Le conférencier a présenté les résultats d’une étude visant à évaluer les travaux de recherche passés et actuels sur l’« IA au service du bien commun » à l’aide de méthodes bibliométriques et d’orienter les recherches futures dans ce domaine. Selon ce dernier, les résultats obtenus ont montré que les publications sur la recherche en IA courante ont débuté en 1975 avec 13 publications et ce nombre est passé à 7 037 publications par an en 2019, soit un taux de croissance annuel de 20 %. Ce taux de croissance est élevé par rapport à la production mondiale de publications scientifiques qui croît à un rythme d’environ 3 % par an. Selon le conférencier « l’accent a été mis sur les aspects techniques de l’IA et peu de recherches portaient sur les aspects sociaux et sociétaux qui façonneront une bonne société axée sur l’IA ». Trois domaines sur les impacts sociaux de l’IA ont attiré trois quarts de l’intérêt de recherche : santé et faim ; gestion des infrastructures et les préoccupations environnementales. Six domaines sont négligés par la recherche, notamment la réponse aux crises, l’autonomisation économique, les défis éducatifs, l’égalité et l’inclusion, la vérification et la validation de l’information, la gestion du secteur public et social, la sécurité et la justice. Globalement, le conférencier nous apprend que 97% de la recherche sur l’IA est purement technique, et seulement 3% se consacre réellement au bien social et à l’impact sur l’humain.

4-L’IA pour la recherche 

Pour le conférencier, l’intelligence artificielle incarne un nouvel allié pour les chercheurs et les professions scientifiques surtout avec l’arrivée de ChatGPT : résumés automatiques, génération d’hypothèses et prototypage accéléré : ses usages se multiplient dans les labos de recherche. Cependant, il conseille aux jeunes chercheurs d’utiliser l’intelligence artificielle de manière éthique et responsable. Car, si l’IA amplifie la créativité scientifique, elle exige toutefois davantage de rigueur, de discernement et d’esprit critique. On ne peut pas déléguer notre pensée critique à un système informatique, mais on peut s’en servir comme catalyseur cognitif.  Il a rappelé que l’arrivée de l’IA générative impose de nouvelles règles de jeu dans le monde académique : 

Transformer l’évaluation : puisque l’IA peut désormais rédiger une grande partie d’un travail de recherche, l’évaluation doit se déplacer. On ne note plus seulement le texte, mais la présentation orale, la capacité de coordination et l’esprit critique de l’étudiant.

– L’honnêteté dans la publication : l’usage de l’IA doit être déclaré en toute transparence lors de la soumission aux revues.

5-Voie à suivre face à la reconfiguration de l’éducation et de la recherche par l’IA  

Le conférencier fait remarquer que l’IA est en train de reconfigurer l’éducation et la recherche. Face à ces transformations la voie à suivre consiste à développer des compétences et l’adoption de l’IA à la fois par les apprenants et les éducateurs. Le système éducatif ne doit pas se contenter de s’adapter à l’IA, mais elle doit exploiter activement son potentiel pour créer des environnements d’apprentissage plus inclusifs, personnalisés et en prise sur l’avenir. Le secteur éducatif doit privilégier les acquis d’apprentissage ainsi que la pensée critique, créative et relationnelle. Au moment d’intégrer l’IA dans l’éducation et la recherche, évitons de faire en sorte que cette technologie soit utilisée comme une béquille par les chercheurs, enseignants, les élèves ou les étudiants, et traitons-la comme un partenaire pour mettre en place de nouvelles façons d’apprendre.  

Conclusion

En résumé, l’IA n’est qu’un outil. Son succès durable ne dépendra pas de sa puissance technique, mais de notre capacité à l’utiliser de façon éthique, fonctionnelle et humaine. L’IA ne doit pas être vue comme une fin en soi, mais comme un outil au service du bien social. Si elle est orientée vers le bien commun, elle pourrait redonner un élan aux progrès sociaux, et contribuer à construire un avenir plus juste et durable pour tous en Afrique.

Sélection de quelques articles publiés ou co-publiés par le conférencier sur l’intelligence artificielle :

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