Session thématique : « Face à la défaillance du système alimentaire camerounais, l’indispensable approche “One health. ? »

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En cette année 2026, le Cameroun est confronté à une crise alimentaire qui s’aggrave, avec 3,3 millions de personnes incapables de se procurer suffisamment de nourriture ou se couchent avec le ventre vide, alors que les conflits, les chocs climatiques et la hausse des prix poussent les familles vers des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence. Les stocks alimentaires sont épuisés, exposant de plus en plus les enfants et les femmes enceintes au risque de malnutrition (IFRC, 2026). Un constat s’impose : « nos systèmes alimentaires sont défaillants ». Et l’interconnexion entre les trois types de santé (animale, humaine et environnementale) accentue les risques collatéraux.

Face à ce défi, un changement de paradigme est nécessaire. « One-health » s’impose comme une approche pour refonder notre système alimentaire. C’est dans ce contexte que le lundi 30 mars 2026, un webinaire a été organisé par le Colibri Research and Innovation Center (CRIC) en collaboration avec Cameroonian Association for Safeguarding Forgotten Crops (CA4SFC) dans le cadre du « Festival One Health » (en savoir plus) , pour explorer l’apport de l’approche One Health à la compréhension et à la transformation de nos systèmes alimentaires, en mettant en lumière les interactions entre santé humaine, animale et environnementale.

Ce webinaire interactif et engageant a été animé par Albert Faraja Ciringa docteur en science politique de l’Université de Dschang et chercheur au CRIC.

Replay de la session 1 : « One Health : l’approche une seule santé ».

Parmi les intervenants figuraient également Rostant Mbella Mbong, docteur en géographie de la santé de l’Université de Douala et chercheur associé au CRIC, qui a entretenu les participant.es sur le concept : « One Health : l’approche une seule santé ». Les enseignements de Rostant Mbella Mbong ont permis aux participant.es de s’acculturer aux bases conceptuelles et théoriques nécessaires pour comprendre les liens entre la santé humaine, animale et celle des écosystèmes. À travers des exemples concrets, il a démontré comment les maladies apparaissent, se propagent et influencent la biodiversité et les sociétés.

À la sortie de cette première phase, les participant.es, dont plusieurs découvraient ce concept pour leur première fois, ont désormais les prérequis sur les concepts clés de l’approche One Health, ses enjeux, les modes de transmission des maladies, l’origine des maladies, le lien entre santé et conservation, la propagation des maladies, etc. Cette première partie du séminaire a permis au public de mieux comprendre les risques sanitaires à l’interface entre l’homme, l’animal et l’environnement.

Le deuxième intervenant était Boris Metsagho Mekontcho

Il a démontré comment la mobilisation de l’approche One Health (Une seule santé) peut permettre une refondation du système alimentaire local. Car, nos systèmes alimentaires dépendent les santés humaine, animale, végétale et environnementale. Il a insisté sur le constat selon lequel : « La santé humaine et celle de l’écosystème sont étroitement liées aux systèmes alimentaires. Par ce que nous mangeons, par nos modes de production qui influent sur nos santés à travers leurs effets sur l’environnement, mais aussi par la manière dont nos systèmes alimentaires contribuent aux grands déséquilibres planétaires (déforestation, perte de biodiversité, dérèglement climatique) qui eux même en retour ont un impact sur la santé humaine, celles des plantes, des animaux et de l’environnement ». Ces constats posent l’urgence d’une transition agroécologique de nos modèles agricoles et une écologie de nos alimentations, pour des systèmes alimentaires visant la santé de tous, et respectueux de toutes les formes du vivant.

Il conclut que : « la défaillance systémique du modèle alimentaire camerounais révèle que l’insécurité alimentaire n’est pas une fatalité climatique, mais le résultat d’une rupture profonde dans la gestion des solidarités biologiques fondamentales. En séparant arbitrairement la production agricole de la protection de la santé publique, les politiques passées ont engendré un système vulnérable et dépendant ».

Il soutient que l’approche One Health « s’impose comme un paradigme de rupture offrant une grille de lecture holistique pour réconcilier développement et santé globale. En replaçant l’interconnexion du triptyque Homme-Animal-Environnement au sommet des priorités stratégiques, le Cameroun peut transformer son appareil de production en un véritable rempart sanitaire et écologique, garantissant à chaque citoyen la sécurité biologique et la dignité nutritionnelle ».

Il est temps de lutter contre la pollution alimentaire en adoptant une approche exposome pour comprendre les contaminations cumulatives (chimiques, biologiques et physiques) tout au long des chaînes alimentaires ; prévenir les maladies chroniques liées à l’alimentation, en intégrant explicitement les maladies non transmissibles dans One Health et en réglementant les produits ultra-transformés ; promouvoir des systèmes alimentaires locaux durables, reconnaitre le local comme échelle privilégiée pour la transformation des systèmes alimentaires et mettre en œuvre des politiques alimentaires territoriales ; soutenir la transition vers des systèmes agroécologiques, notamment en développant des cadres pour rémunérer des services écosystémiques, et préserver la biodiversité dans les systèmes alimentaires.

Voir le Replay: ICI.

A propos du One Health Festival:

A l’occasion du One Health Summit, le One Health Festival regroupe des événements organisés, en France comme à l’international, afin de valoriser des initiatives de tous les acteurs engagés dans l’approche One Health. Ces projets labellisés participent à l’effort de pédagogie afin de sensibiliser aux liens interdépendants entre santé humaine, santé animale et santé environnementale.

 Dans ce cadre du projet “ Forgotten Foods for the prevention of diet-related NCDs in Cameroon” [ en savoir plus ], proposé par le Colibri Research and Innovation Center (CRIC) et la Cameroonian Association for Safeguarding Forgotten Crops (CA4SFC) a été labélisé. Ces événements illustre l’approche One Health appliquée aux systèmes alimentaires durables, en démontrant comment l’une des solutions au triple fardeau de la malnutrition, réside dans la transition vers des systèmes alimentaires durables. Parmi les options écologiquement durables pour diversifier nos sources alimentaires, remédier aux carences en micronutriments et prévenir les maladies non transmissibles, figure l’utilisation des NUS, dont la haute valeur nutritionnelle en fait des cultures d’opportunité.

En savoir plus : ICI 

Récap sur le Sommet One Health

Dans le cadre de sa présidence du G7 en 2026 et à l’occasion de la journée mondiale de la santé, la France a accueilli le Sommet One Health/Une Seule Santé à Lyon du 5 au 7 avril 2026, aboutissant à un certain nombre d’engagements.

 Cet événement international, inauguré par le Président de la République de France, a réuni un large panel : personnalités politiques, scientifiques, chefs d’entreprises, organisations non gouvernementales et organismes de financement (banques publiques de développement et organisations philanthropiques).

Autour de One Health Summit, le One Health Festival a proposé une sélection de 170 événements organisés du 16 mars au 15 mai 2026 pour promouvoir les initiatives One Health des acteurs engagés en France et dans le monde.

Parmi ces événements, celui du Colibri Research and Innovation Center (CRIC) en partenariat avec la Cameroonian Association for Safeguarding Forgotten Crops (CA4SFC), intitulé : « Forgotten Foods for the prevention of diet-related NCDs in Cameroon » [ en savoir plus ].

 Ce projet est tiré du programme de recherche : « Valoriser les savoirs locaux sur les cultures orphelines et de leur potentiel pour une transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables au Cameroun », porté par l’Institute for Local Knowledge (IKL).

La mise en œuvre de ce projet a permis de sensibiliser les populations aux avantages multidimensionnels des programmes nutritionnels nationaux et à leur contribution potentielle à l’éradication de la faim et à la prévention des maladies non transmissibles liées à l’alimentation dans tous les groupes d’âge.

La bonne nouvelle :  l’alimentation tient un rôle important comme facteur de prévention/santé. Parmi les options écologiquement durables pour diversifier nos sources alimentaires, remédier aux carences en micronutriments et prévenir les maladies non transmissibles, figure l’utilisation des espèces négligées et sous-utilisées (NUS), dont leur haute valeur nutritionnelle en fait des cultures d’opportunité.

Cliquez sur le lien pour revivre l’ensemble des activités organisées : ICI.

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