l’Institute for New International Relations (INIR) a lancé son cycle de séminaires mensuels dans le cadre du programme de recherche intitulé : « L’Afrique : la fabrique des nouvelles relations internationales ».

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Le samedi 25 avril 2026, a eu lieu le lancement officiel de notre cycle de séminaires mensuels dans le cadre du programme de recherche intitulé : « L’Afrique : la fabrique des nouvelles relations internationales » [ voir ] en cours à l’Institute for New International Relations (INIR) du CRIC.  

Replay de la session 1 : « les modèles de diversification des partenariats stratégiques en Afrique centrale : entre pragmatisme et contrainte, en faisant une étude comparée du Cameroun et de la RCA

Fouda Antoine Depadou Fabrice, docteur en relations internationales, spécialiste des enjeux de paix, de sécurité et de gouvernance stratégique en Afrique, auteur de l’ouvrage « Consolider la paix en Afrique : l’Union africaine à la croisée des chemins », publié aux éditions L’Harmattan en novembre 2025, a présenté les résultats préliminaires de ses travaux en cours sur « les modèles de diversification des partenariats stratégiques en Afrique centrale : entre pragmatisme et contrainte, en faisant une étude comparée du Cameroun et de la RCA ».

Le spécialiste part du constat selon lequel : « la diversification des partenaires stratégiques s’impose de plus en plus comme un levier fondamental pour l’Afrique, lui permettant de se détacher d’une dépendance exclusive envers ses partenaires traditionnels (principalement occidentaux) pour s’engager vers une souveraineté économique, politique et sécuritaire accrue ».

 Il fait également remarquer que : « face aux mutations géopolitiques mondiales, le continent redéfinit ses alliances, notamment sécuritaire, en s’ouvrant à de nouveaux acteurs tels que la Chine, l’Inde, la Russie et la Turquie, etc. A titre d’illustration, l’Afrique centrale traverse depuis plusieurs décennies une instabilité sécuritaire chronique, marquée par la résurgence de groupes armés, le terrorisme transnational, les crises de gouvernance et l’affaiblissement des institutions étatiques ». Il montre que « face à ces défis multiples, les États de la région ont progressivement reconfiguré leurs alliances traditionnelles, amorçant une diversification de leurs partenariats sécuritaires. Cette dynamique est particulièrement visible dans les trajectoires récentes du Cameroun et de la République centrafricaine (RCA), deux pays confrontés à des menaces comparables, mais dont les réponses stratégiques divergent sensiblement ».

 Selon les résultats de l’étude : « Alors que le Cameroun adopte une logique de multi alignement pragmatique, la République centrafricaine s’est tournée vers un partenariat sécuritaire exclusif et fortement déséquilibré ». Les résultats présentés nous donnent les clés de compréhension et d’explication des choix différenciés de ces deux États en matière de diversification sécuritaire.

 Globalement, il ressort des réflexions du spécialiste que la diversification sécuritaire au Cameroun et en RCA révèle deux approches opposées : pragmatique pour l’un, contrainte pour l’autre. Tandis que le Cameroun préserve une marge de manœuvre, la RCA s’enferme dans une dépendance risquée. Ces choix stratégiques interrogent la capacité des États d’Afrique centrale à conjuguer sécurité et souveraineté dans un contexte de rivalité entre puissances. Le chercheur conclut qu’une « diversification réellement bénéfique suppose une appropriation nationale des priorités et une maîtrise des dépendances extérieures ».

Replay de la session 2 :  Le retour du grand Ours en Afrique subsaharienne ou l’expression du nouveau terreau du soft power

 Le deuxième intervenant, Techimo Tafempa Brice, docteur en science politique de l’Université de Dschang (Cameroun), secrétaire exécutif du Colibri Research and Innovation Center (CRIC) a exploré le « le retour du grand Ours en Afrique subsaharienne ou l’expression du nouveau terreau du soft power ».

Il est question de d’identifier les outils et les mécanismes par lesquels la Russie cherche à étendre son influence en Afrique subsaharienne, comblant ainsi d’importantes lacunes dans les travaux existants sur les relations russo-africaines. Les enseignements qui ressortent de cette communication sont :

1- La restauration et la réaffirmation du statut de grande puissance mondiale sont des éléments centraux de la politique du régime poutinien. Cette politique vise à redonner à la Russie un rang comparable à celui qui était détenu par l’URSS durant la guerre froide. Si la Russie est largement associée à la puissance dure, qui repose sur la force ou les sanctions économiques, elle s’efforce de récupérer une partie de la puissance douce de l’Union soviétique dans le cadre de sa stratégie pour reconstruire son influence en Afrique. Le terme soft power – « miagkaia sila », emprunté au politologue américain Joseph Nye – a été repris à leur compte par les autorités russes dans le but de mettre en place des structures visant à rétablir l’image de Moscou à l’international. Dans ses différents concepts de politique étrangère, l’État russe accorde une importance particulière au soft power.  

2- la Russie déploie une stratégie de soft power multidimensionnels, s’appuyant sur des programmes d’échanges éducatifs, des plateformes médiatiques telles que telles que RT Africa et Sputnik Africa, et faisant appel à la mémoire historique partagée du soutien anticolonial soviétique et à la diplomatie religieuse par le biais de l’Église orthodoxe russe. Ces instruments fonctionnent de pair avec des partenariats économiques et sécuritaires, aboutissant à un modèle d’influence hybride.

Le principal atout de la Russie en matière de soft power réside donc dans son image d’acteur indépendant, pragmatique et affirmé. Son attrait en Afrique repose sur son image de puissance mondiale capable de tenir tête à l’Occident, de défendre les valeurs locales face à l’ingérence étrangère et d’être ouverte aux affaires avec tous les pays, quel que soit le gouvernement en place et le niveau de démocratie. La Russie se positionne comme une alternative à ses partenaires occidentaux, mettant l’accent sur la souveraineté, la non-ingérence et la solidarité anticoloniale. Globalement, le soft power russe constitue un pilier central de son engagement renouvelé en Afrique.

L’enregistrement de ce webinaire est disponible sur YouTube : ICI

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