Participation du CRIC à l’Atelier régional sur le thème : « La transformation de l’intégration régionale en Afrique : vers la déconstruction des fondements occidentaux des initiatives africaines d’intégration » 

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Dans le cadre de l’Atelier régional sur « La transformation de l’intégration régionale en Afrique : vers la déconstruction des fondements occidentaux des initiatives africaines d’intégration », organisé par le Centre de Recherche et d’Expertise en Gouvernance, Relations Internationales et Stratégiques en Afrique ; Boris Metsagho Mekontcho Boris, directeur exécutif du CRIC, a co-présenté avec Zodouma Désiré Camille Felix, (Docteur en science politique de l’Université de Dschang) une communication intitulée : « Désétatisation et émergence des “communautés frontières” dans la gouvernance de la sécurité frontalière entre le Cameroun et la RCA : vers une coopération sécuritaire par le bas ? ». 

Les chercheurs partent du constat selon lequel : « depuis plusieurs décennies, la zone frontalière entre le Cameroun et la République centrafricaine est devenue une zone de conflits armés, de trafics illégaux (armes, drogue, êtres humains, etc.) et leur porosité favorise les mouvements de groupes armés et terroristes.

Cependant, face à ces insécurités multiformes, on constate que les États concernés ont manifestement failli dans la gestion de leurs périphéries et cette faillite gagne sans cesse des espaces plus larges. Autrement dit, ces États n’ont plus la capacité de contrôler et d’administrer à eux seuls leurs frontières : d’où la montée en puissance d’initiatives privées émanant des « communautés frontières » qui sont devenus des acteurs à part entière du « secteur de la sécurité » frontalière entre ces deux pays.

A partir d’une enquête ethnographique de terrain menée dans la zone frontalière entre le Cameroun et le République centrafricaine entre 2020 et 2023, les deux chercheurs ont mis en lumière les formes d’engagement de ces communautés-frontières dans la co-production de la sécurité frontalière entre le Cameroun et la RCA.

En mobilisant la théorie critique de la sécurité, la théorie pluraliste, et l’approche en termes d’ « hybridité » de la gouvernance de la sécurité, les résultats obtenus montrent qu’à travers de multiples actions, les peuples frontières comme « sociétés de secours » qui, en rescousse à l’État, sont devenus des acteurs alternatifs de production de la sécurité frontalière. Une certaine coopération sécuritaire frontalière par le bas se met en place et pose la nécessité d’une réelle intégration des acteurs non-étatiques de la sécurité dans les dispositifs sous-régionaux de sécurisation transfrontalière.    

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